Lexique et compréhension au CRPE

Mis à jour le

Donner un synonyme, expliquer la formation d’un mot, éclairer une expression du texte, répondre à une question de compréhension : ces exercices demandent de la précision plus que de l’érudition. Cette page rappelle les notions de lexique utiles, la méthode pour répondre à partir du texte, les remarques des jurys et cinq exemples corrigés.

En bref

  • Le texte d’abord : en 2027, la partie français s’appuie sur un texte de 500 mots au maximum ; le sens d’un mot se justifie par son contexte.
  • Un synonyme de même classe : on remplace un adjectif par un adjectif, un nom par un nom.
  • La formation d’un mot : préfixe, base ou radical, suffixe ; puis le sens que cette formation produit.
  • Une expression imagée : nommer la figure, puis dire clairement ce qu’elle signifie dans le texte.
  • Une réponse de compréhension : affirmer, citer, expliquer.

D’après la page officielle des épreuves, la partie français prend appui sur un texte « n’excédant pas cinq cents mots » et comporte trois phases : l’étude de la langue, une phase « consacrée au lexique et à la compréhension lexicale », puis une réflexion rédigée. La forme exacte des questions n’y est pas détaillée : le sujet d’exemple du ministère fait foi. Le format complet est sur notre page Français au CRPE.

Ce que relèvent les jurys

L’écrit de français de 2025 (ancien format, noté sur 20) comportait déjà une partie « lexique et compréhension lexicale ». Les rapports de cette session décrivent ce qui y était demandé et ce qui a manqué.

  • Reims, 2025 : les synonymes demandés pour deux mots du texte ont été « rarement » réussis, avec des propositions « approximatives ou parfois très éloignées du sens initial ». Le jury rappelle que « le synonyme attendu d’un adjectif doit être un adjectif », note la difficulté de certains à « distinguer base et radical » et conseille de « lire beaucoup ».
  • Corse, 2025 : la formation par dérivation est « généralement maîtrisée », mais les synonymes ont révélé « une méconnaissance des termes », ce qui a rendu l’explication d’une expression du texte « approximative ou erronée ».
  • Clermont-Ferrand, 2025 : pour expliquer une expression imagée, le jury n’attend pas « un discours général, à la limite du bavardage », mais son sens précis dans le texte.

Les notions de lexique à maîtriser

La formation des mots

  • Dérivation : on ajoute à une base un préfixe (re-, dé-, in-…) ou un suffixe (-age, -ment, -able…). Le suffixe change souvent la classe du mot (laver → lavable).
  • Composition : on assemble des mots (porte-monnaie, pomme de terre).
  • Famille de mots : les mots formés sur un même radical (terre, terrain, atterrir, enterrer).

Le sens des mots

  • Polysémie : un mot a plusieurs sens ; le contexte sélectionne le bon.
  • Sens propre et sens figuré : une pente raide / un ton raide.
  • Synonymes et antonymes : de même classe ; les synonymes parfaits sont rares, d’où l’importance de la nuance.
  • Champ lexical : l’ensemble des mots d’un texte qui se rapportent à un même thème.
  • Registres de langue : familier, courant, soutenu.

La méthode pour répondre à partir du texte

  1. Relisez la phrase entière où se trouve le mot ou l’expression, et celle d’avant.
  2. Formulez une réponse directe en une phrase, qui répond à toute la question.
  3. Citez un mot ou un passage court, entre guillemets, avec sa place dans le texte (ligne, paragraphe ou vers).
  4. Expliquez ce que la citation montre : c’est le lien entre la preuve et votre réponse qui fait la note.
  5. Contrôlez la classe de votre synonyme ou de votre définition : on doit pouvoir la substituer au mot dans la phrase.

Erreurs fréquentes

  • Un synonyme d’une autre classe : expliquer l’adjectif fébrile par « de la fièvre » au lieu de fiévreux ou agité.
  • Définir le mot hors contexte : donner le sens le plus courant au lieu de celui que la phrase impose.
  • Paraphraser l’expression au lieu d’en donner le sens.
  • Confondre base et radical dans une question de formation.
  • Citer sans expliquer, ou affirmer sans citer.

Exemples corrigés

Ces exemples sont propres à cette page (ils ne figurent pas dans la fiche payante). Les phrases sont originales, sauf l’exemple 3, tiré d’une fable de La Fontaine (domaine public).

Exemple 1 · Expliquer la formation d’un mot

Expliquez la formation et le sens de imprévisible.

Corrigé

Imprévisible est un adjectif formé par dérivation : le préfixe négatif im- (forme de in- devant p) s’ajoute à la base prévisible, elle-même formée du radical prévis- (celui de prévoir, prévision) et du suffixe -ible (« qui peut être »). Sens : qui ne peut pas être prévu. Mots de la même famille : prévoir, prévision, imprévu.

Exemple 2 · Le sens d’un mot en contexte

« Le vieux marin avait le cœur lourd en quittant le port pour la dernière fois. » Expliquez le sens de lourd et proposez un synonyme.

Corrigé

Ici, lourd est employé au sens figuré : il ne désigne pas un poids mais un état d’esprit, la tristesse de celui qui quitte « pour la dernière fois » un lieu familier. Synonyme de même classe : triste, serré (dans l’expression avoir le cœur serré). Pesant conviendrait moins bien : il garde une nuance d’ennui ou de gêne.

Exemple 3 · Une expression dans un vers de La Fontaine

« Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. » (Jean de La Fontaine, « Le Lièvre et la Tortue », Fables, livre VI, fable 10, 1668.) Expliquez à point et la construction du vers.

Corrigé

À point est une locution adverbiale qui signifie « au bon moment », « à temps » (le même sens se retrouve dans arriver à point nommé). Le vers est formé de deux propositions indépendantes juxtaposées par le point-virgule, qui s’opposent : la négation rien ne sert de écarte la vitesse, la tournure il faut impose le bon départ. C’est la morale de la fable, placée en tête : partir à temps vaut mieux que se hâter trop tard.

Exemple 4 · Répondre à une question de compréhension

Texte (original) : « Depuis le matin, la pluie battait les vitres. Dans la cuisine, Mathilde guettait le moindre bruit de moteur. Elle avait mis deux couverts, puis en avait retiré un, puis l’avait remis. À neuf heures, elle éteignit la lumière du perron. » Question : quels sentiments éprouve Mathilde ? Justifiez.

Corrigé

Réponse attendue : Mathilde attend quelqu’un avec inquiétude et hésite entre l’espoir et la résignation, avant de renoncer. Le verbe « guettait », renforcé par « le moindre bruit de moteur », montre une attente tendue. Les gestes contradictoires (« avait mis deux couverts, puis en avait retiré un, puis l’avait remis ») traduisent son hésitation : la personne viendra-t-elle ? Enfin, elle « éteignit la lumière du perron » : le passé simple marque une action décisive, qui suggère qu’elle cesse d’attendre. Le texte ne nomme aucun sentiment : c’est au lecteur de les déduire des gestes.

Réponse insuffisante : « Mathilde est triste car il pleut. » Elle confond le décor et le personnage et ne cite rien.

Exemple 5 · Former des antonymes

Formez l’antonyme de : réel, lisible, buvable, mature, prudent.

Corrigé

irréel, illisible, imbuvable, immature, imprudent. Le préfixe négatif in- devient ir- devant r, il- devant l, im- devant b, m et p. La consonne double qui en résulte (irr-, ill-, imm-) est une source fréquente d’erreurs d’orthographe.

Pour aller plus loin

La compréhension se travaille sur des textes variés : situation d’énonciation, point de vue, procédés d’écriture, implicite, citations exactes. Le lexique y intervient à chaque question. C’est le contenu de la fiche « Compréhension et analyse » du Pack Français, qui consacre une partie au lexique (champ lexical, familles de mots, connotation).

Fiche français n° 5 · PDF · 37 pages

Fiche « Compréhension et analyse » : cours, méthodes et 15 exercices corrigés

Lire un texte support en profondeur : situation d’énonciation, point de vue, structure, procédés d’écriture (dont le lexique : champ lexical, familles de mots, connotation), implicite, et réponses qui citent le texte.

  • 5 méthodes pas à pas et 8 pièges fréquents expliqués
  • 15 exercices de trois niveaux, avec corrigés détaillés, dont des productions d’élèves à analyser
  • Une fiche mémo d’une page et une grille d’auto-évaluation
  • Elle fait partie du Pack Français (6 fiches, 216 pages, 90 exercices corrigés)

7,90 € la fiche Compréhension et analyse seule · ou 29,90 € pour le Pack Français complet (6 fiches ; 47,40 € si les fiches sont achetées une par une)

Voir le Pack Français (6 fiches) · 29,90 €

PDF à télécharger dès le paiement · paiement unique, sans abonnement · mises à jour gratuites pour la session 2027 · TVA non applicable, art. 293 B du CGI

Questions fréquentes

Comment enrichir son vocabulaire avant le concours ?

En lisant régulièrement et en notant les mots inconnus avec leur phrase, leur définition et un synonyme. Le rapport de Reims 2025 conseille de « lire beaucoup » et de réemployer les mots nouveaux.

Quelle différence entre base et radical ?

La base est le mot (ou la forme) sur lequel on ajoute un préfixe ou un suffixe : goûter dans dégoûter. Le radical est la partie qui porte le sens et que l’on retrouve dans toute la famille : goût-. Le rapport de Reims 2025 signale cette confusion.

Faut-il toujours citer le texte ?

Pour une question de compréhension, oui : une citation courte, exacte, entre guillemets, avec sa place dans le texte, puis une explication. Une affirmation sans preuve a peu de valeur.

Peut-on utiliser un dictionnaire le jour de l’épreuve ?

Aucun document autorisé n’est mentionné dans les pages officielles que nous avons consultées. Préparez-vous à expliquer les mots sans dictionnaire, à partir du contexte et de leur formation.

Sources et références

Pages officielles et rapports consultés le 26/10/2026. Les rapports cités sont ceux des académies ; la page officielle des rapports fait foi. Le vers de La Fontaine a été vérifié sur plusieurs éditions en ligne du texte, qui relève du domaine public.

Site indépendant, non affilié au ministère de l’Éducation nationale. Une erreur ? Écrivez à contact@concourscrpe.fr : la correction est publiée et listée sur la page Errata.