Rapports de jury du CRPE en français : les constats des jurys

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En français, les jurys du CRPE font d’abord un reproche qui ne figure dans aucune question : la langue du candidat lui-même. Voici ce que disent les rapports 2026 du concours bac+3 (Bordeaux, Reims, Montpellier, Nantes) et plusieurs rapports 2025, partie par partie, avec l’académie de chaque constat et ce qu’il faut travailler.

En bref

  • Réussi en général : temps et modes courants, réécriture avec accords, formation des mots (préfixes, suffixes).
  • Discriminant : délimiter les propositions et donner leur nature, nature et fonction (complément d’agent), figures de style.
  • La réflexion compte pour la moitié des points ; les jurys y regrettent des idées juxtaposées et des exemples pauvres.
  • L’orthographe du candidat est pénalisée dans tous les rapports lus ; à Montpellier, 6,9 % des copies ont reçu le malus maximal.

Sources : rapports 2026 (bac+3) de Bordeaux, Reims, Montpellier, Nantes. Lus le 26/10/2026.

Le sujet de français 2026 en bref

La partie français de l’écrit 1 du concours bac+3 est notée sur 10. En 2026, elle s’appuyait sur un extrait d’Au Bonheur des Dames d’Émile Zola (1883), sur les grands travaux parisiens et la naissance des grands magasins. Elle comportait trois parties.

PartieContenu en 2026PointsMoyenne à BordeauxMoyenne à Montpellier
Étude de la langueTemps et modes, réécriture au pluriel, nature et fonction, délimitation des propositions3,52,41non retenue (barème du rapport incohérent)
Lexique et compréhension lexicaleSens d’une expression en contexte, formation du mot « immobile »1,50,931,02
Réflexion et développement« Faut-il avoir peur des changements engendrés par la modernité ? », 20 à 30 lignes52,422,58
Sujet et barème d’après le rapport de Bordeaux 2026 ; moyennes d’après les rapports de Bordeaux 2026 (1 846 copies) et de Montpellier 2026 (1 674 copies).

Moyenne de la partie français : 5,75/10 à Bordeaux, 6,01/10 à Montpellier, 6,65/10 à Nantes (Bordeaux 2026, Montpellier 2026, Nantes 2026). À Reims, 11,1 % des présents ont eu une note éliminatoire en français (Reims 2026).

Étude de la langue

Ce qui a été réussi

La réécriture (mettre le sujet au pluriel) et l’identification des temps et des modes sont « globalement » ou « majoritairement » réussies à Bordeaux, Reims et Montpellier ; la subordonnée relative est souvent bien identifiée (Bordeaux 2026, Reims 2026, Montpellier 2026).

Ce qui a départagé les candidats

  • Les propositions : à Reims, c’est la question « qui a soulevé le plus de difficultés » ; propositions mal délimitées, circonstancielle de temps confondue avec une complétive, « proposition indépendante principale » (Reims 2026). Bordeaux relève un taux d’échec élevé sur le découpage des subordonnées (Bordeaux 2026).
  • Nature et fonction : complément d’agent rarement identifié ; pronom personnel « la » confondu avec un déterminant ; verbe complété par le COD non précisé (Reims 2026, Nantes 2026).
  • Temps et modes : confusions entre plus-que-parfait et passé composé, conditionnel et futur ; Bordeaux cite le conditionnel présent comme l’erreur la plus fréquente (Reims 2026, Bordeaux 2026).
  • Terminologie : « pronom » au lieu de « pronom personnel », réponses « superficielles et imprécises » (Bordeaux 2026).
  • Réécriture : l’adjectif « seule » en tête de phrase non accordé, erreurs de copie sanctionnées (Reims 2026).

Bordeaux et Reims recommandent tous deux La Grammaire du français, terminologie grammaticale publiée sur Éduscol, et une présentation des réponses en tableau (Bordeaux 2026, Reims 2026).

Lexique et compréhension lexicale

  • Sens en contexte : la métaphore « une détresse tombait de la façade entière » est souvent perçue mais mal expliquée ; Bordeaux relève des contresens fréquents (Reims 2026, Bordeaux 2026).
  • Formation des mots : le préfixe « im- » est bien repéré, mais base et radical sont confondus, et beaucoup donnent des mots de la famille de « mobile » au lieu de mots formés avec « im- » (Reims 2026, Montpellier 2026).
  • Figures de style : métaphore et métonymie « rarement identifiées », confondues avec la famille de mots ou la synonymie (Bordeaux 2026).

Réflexion et développement

Cette partie représente la moitié des points. Les copies sont en général structurées en paragraphes, mais les jurys relèvent :

  • des idées juxtaposées, « peu développées et assez rarement reliées entre elles » (Reims 2026) ;
  • un texte support oublié, ou au contraire un commentaire stylistique de Zola hors sujet (Reims 2026, Bordeaux 2026) ;
  • des exemples limités à la vie contemporaine (Disney, Netflix) et un manque de références littéraires, historiques ou artistiques (Bordeaux 2026, Reims 2026, Nantes 2026) ;
  • des titres de parties dans la copie, alors que tout doit être rédigé, et des copies inachevées faute de temps (Reims 2026, Bordeaux 2026).

Les références citées à propos par des candidats, selon Reims : Les Temps modernes de Charlie Chaplin ou 1984 de George Orwell. Encore faut-il expliquer en quoi l’exemple soutient l’argument : « donner un titre ne saurait suffire » (Reims 2026).

La langue du candidat : le reproche commun

  • Bordeaux 2026 : « Aucune copie n’a été exempte d’erreurs » ; accords non maîtrisés, confusions « é »/« er », accents oubliés, phrases non verbales (Bordeaux 2026).
  • Reims 2026 : des copies par ailleurs correctes ont eu une note éliminatoire à cause de l’expression ; un correcteur a compté « 63 erreurs en 23 lignes de rédaction » (Reims 2026).
  • Montpellier 2026 : 117 copies (6,9 %) ont reçu le malus orthographique maximal de 1,5 point sur 10 (Montpellier 2026).
  • Nantes 2026 : rigueur orthographique « inégale », confusions récurrentes entre « a » et « à » (Nantes 2026).
  • En 2025 : environ 70 % des copies pénalisées pour l’orthographe à Nice ; accords et ponctuation en Normandie ; vigilance demandée à Bordeaux sur l’orthographe lexicale et grammaticale, au nom de la dimension « modélisante » du métier (Nice 2025, Normandie 2025, Bordeaux 2025).

Ce que disaient les rapports 2025

En 2025, l’écrit de français était une épreuve distincte de 3 heures, notée sur 20 (concours bac+5). Les mêmes points faibles y apparaissent déjà :

  • Clermont-Ferrand : « les notions élémentaires de la syntaxe sont souvent mal maîtrisées » ; principale et indépendante confondues, proposition infinitive rarement identifiée (Clermont-Ferrand 2025).
  • Corse : analyse en propositions et nature et fonction ont posé problème ; fonction des pronoms et apposition méconnues ; références de la réflexion trop proches du quotidien (Corse 2025).
  • Nantes et Lille : la moyenne de français est inférieure à celle de maths, 11,76 contre 13,88 à Nantes (externe public) et 10,45 contre 12,81 à Lille (Nantes 2025, Lille 2025).

Comment progresser : nos conseils

Ces conseils sont ceux de ConcoursCRPE ; ils mettent en pratique les recommandations des jurys citées plus haut.

  1. Relisez-vous en trois passages : les verbes et leurs sujets, puis les participes passés et les groupes nominaux, puis les homophones (a/à, est/ait, tout/tous, é/er). Gardez 15 à 20 minutes pour cela.
  2. Découpez une phrase complexe par jour : entourez les verbes conjugués, délimitez chaque proposition, nommez sa nature. C’est l’entraînement que recommande le jury de Bordeaux.
  3. Répondez en tableau aux questions de nature, fonction, temps et mode, avec les termes exacts de la terminologie officielle.
  4. Constituez votre réserve de références : une dizaine d’œuvres et de faits que vous connaissez vraiment, avec pour chacun ce qu’il permet de montrer.
  5. Rédigez une réflexion chronométrée par semaine (20 à 30 lignes), avec le texte support cité dans chaque partie, puis relisez-la avec les critères des jurys.

La méthode de chaque partie est détaillée sur notre page Français au CRPE : l’épreuve écrite expliquée ; voir aussi l’écrit 1 du CRPE et notre planning de révision.

Pour travailler ces points avec des exercices corrigés :

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PDF à télécharger dès le paiement · paiement unique, sans abonnement · mises à jour gratuites pour la session 2027 · TVA non applicable, art. 293 B du CGI

Les autres épreuves (écrit 2, leçon, EPS, entretien) sont traitées dans notre synthèse des rapports de jury 2026 ; les erreurs les plus citées, toutes matières confondues, sont regroupées dans erreurs fréquentes au CRPE.

Questions fréquentes

Combien de points perd-on pour l’orthographe au CRPE ?

Cela dépend des académies, qui fixent leur barème. À Montpellier en 2026, le malus orthographique pouvait atteindre 1,5 point sur 10 dans la partie français, et 117 copies l’ont reçu au maximum. À Reims, des copies ont été éliminées à cause de leur expression.

Quelle question de grammaire a posé le plus de difficultés en 2026 ?

La délimitation des propositions d’une phrase complexe et l’indication de leur nature, selon le rapport de Reims. Bordeaux et Nantes signalent aussi le complément d’agent et la distinction entre subordonnées.

Quelle grammaire utiliser pour réviser ?

Les jurys de Bordeaux et de Reims citent La Grammaire du français, terminologie grammaticale, téléchargeable gratuitement sur Éduscol. C’est la référence de la terminologie attendue.

Faut-il une introduction et une conclusion dans la réflexion ?

Pour le sujet 2026, le sujet précisait qu’elles n’étaient pas attendues. Reims indique que l’introduction peut être très brève et qu’au moins deux parties rédigées sont attendues, sans titres apparents.

Quels exemples utiliser dans la réflexion ?

Des références littéraires, historiques, artistiques ou scientifiques que vous savez exploiter. Les jurys de Reims et de Bordeaux regrettent les exemples limités aux séries et aux réseaux sociaux, et demandent d’expliquer chaque exemple.

Pour aller plus loin

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Sources et références

Rapports lus le 26/10/2026. Les rapports sont publiés par chaque académie, en général sur son site ou sur la plateforme des concours (siec.education.fr) ; c’est la version publiée par l’académie qui fait foi.

Site indépendant, non affilié au ministère de l’Éducation nationale ni aux jurys des académies. Une erreur ? Écrivez à contact@concourscrpe.fr : elle est vérifiée et corrigée.